La communauté qui vient
La
comunità che viene, G.Agamben, Turin, 1990
Que serait une communauté sans présupposés,
sans conditions d'appartenance, sans identité.
Comment penser désormais une communauté
faite d'hommes qui ne revendiquent pas une identité
(être français, rouge, musulman) ?
Comment penser désormais une communauté formée par
des
singularités quelconques, c'est-à-dire
parfaitement déterminées, mais sans que jamais un concept
ou
une propriété puisse leur servir
d'identité ?
L'être qui vient : ni individuel, ni universel,
mais quelconque. Singulier, mais sans identité. Défini,
mais
uniquement dans l'espace vide de l'exemple. Et,
toutefois, ni générique ni indifférent : au contraire,
tel que
de toute façon il importe, objet propre
de l'amour. Sa logique : les paradoxes de la théorie des ensembles,
l'anonymat de l'idée, l'impossibilité
radicale d'un méta-langage. Son éthique : être seulement
sa propre
manière d'être, pouvoir uniquement
sa propre possibilité ou puissance, faire l'expérience du
langage en
tant que tel. Sa politique : faire communauté
sans présupposés ni conditions d'appartenance, exode
irrévocable de l'Etat, construction d'un
corps communiquable.
La
comunità che viene, G.Agamben, Turin, 1990