Qu'est-ce que le discours analytique a de privilégié d'être celui qui nous permet, en somme, les articulant ainsi, de les répartir aussi en quatre dispositions fondamentales ? C'est paradoxal, c'est singulier qu'une pareille énonciation se présente comme au terme de ce qui se trouve être à l'origine du discours analytique, à savoir Freud, qui l'a permis. Il ne l'a pas permis à partir de Rien. Il l'a permis à partir de ce qui se présente - je l'ai bien des fois articulé - comme étant au principe de ce discours même, à savoir qui se privilégie d'un certain savoir qui éclaire l'articulation au savoir de la vérité. Il est à proprement parler prodigieux que ceux-là qui, pris d'une certaine perspective, celle que nous pourrions définir de se poser comme au regard de la société, ceux donc qui, dans cette perpective se présentent comme des infirmes - soyons plus aimables comme des boiteux, et l'on sait que beauté boîte - à savoir les névrosés, et nommément les hystériques et les obsessionnels, que ce soit d'eux que parte, que soit parti ce trait de lumière foudroyant qui traverse de long en large la "demansion" que conditionne le langage. La fonction qu'est la vérité, voire à l'occasion - chacun sait la place que cela tient dans l'énonciation de Freud - voire cette cristallisation qu'est-ce que nous connaissons sous sa forme moderne, ce que nous connaissons de la religion, nommément, la tradition judéo-Chrétienne sur laquelle porte tout ce qu'a énoncé Freud à propos des religions.
Ceci est cohérent - je le rappelle - avec cette opération de subversion de ce qui jusqu'alors s'était soutenu à travers toute une tradition sous le titre de la connaissance, et cette opération s'origine de la notion de symptôme - il est important historiquement de s'apercevoir que ce n'est pas là que réside la nouveauté de l'introduction à la psychanalyse réalisée par Freud - la notion de symptôme, comme je l'ai plusieurs fois marqué et comme il est très facile de la repérer à la lecture de celui qui en est responsable, à savoir Marx. Ce qu'il y a, dans la théorie de la connaissance, de fondamentale duperie, cette dimension du semblant qu'introduit la duperie dénoncée comme telle par la subversion marxiste, le fait que ce qui est dénoncé, c'est justement toujours dans une certaine tradition parvenue à son acmé avec le discours hégélien, que quelque semblant y est instauré en fonction de poids et mesure si je puis dire, à tenir pour argent comptant, et ce n'est pas pour rien que j'emploie ces métaphores, puisque c'est autour de l'argent, autour du capital comme tel, que joue le pivot de cette dénonciation qui fait résider dans le fétiche ce quelque chose qu'un retour de la pensée doit remettre à sa place très précisément en tant que semblant. Le singulier de cette remarque est tout de même fait aussi pour nous faire apercevoir qu'il ne suffit pas que quelque chose s'énonce dans cette dénonciation qui se pose comme vérité au nom de laquelle émerge, se promeut la plus-value comme étant le ressort de ce qui réduit à son semblant de ce qui jusque-là se soutenait d'un certain nombre de méconnaissances délibérées, il ne suffit pas - remarquerai-je et l'histoire le démontre - que cette irruption de la vérité se produise pour que pour autant soit abattu ce qui se soutient de ce discours ; le discours, que nous pourrions appeler dans l'occasion "capitaliste" en tant qu'il est détermination du discours du maître y trouve bien en fait et bien plutôt son complément. Il apparaît que, loin que le discours capitaliste se porte plus mal de cette reconnaissance comme telle de la fonction de la plus-value, il n'en subsiste pas moins, et qu'aussi bien capitalisme repris dans un discours du maître est bien ce qui semble distinguer les suites politiques qui ont résulté de la dénonciation marxiste de ce qu'il est d'un certain discours du semblant. C'est bien en quoi je ne m'appesantirai pas ici sur ce qu'il en est de la mission historique par là dévouée, dans le marxisme ou tout au moins dans ses manifestes, dévoués aux prolétaires. Il y a là, je dirais, un reste d'entification humaniste qui en faisant du prolétaire celui bien sûr qui dans ce mécanisme se trouve le plus dépouillé, n'en montre pas moins que quelque chose subsiste, qui le fait subsister effectivement dans cet état de dépouillement, et que le fait qu'il soit le support de ce qui se produit sous l'espèce de la plus-value, c'est pas pour autant quelque chose qui d'aucune façon le libère de l'articulation de ce discours. C'est bien en quoi cette dénonciation nous reporte à une interrogation sur ce quelque chose qui pourrait être plus original et qui se trouverait dans l'origine même de tout discours en tant qu'il est discours du semblant. C'est bien en quoi aussi ce que j'ai articulé sous le terme de "plus-de-jouir" nous reporte à ce qui est interroge dans le discours freudien comme mettant en cause le rapport de quelque chose qui s'articule à proprement parler et à nouveau comme vérité en opposition à un semblant, et cette vérité, cette opposition et cette dialectique de la vérité et du semblant se trouve, si ce que Freud a dit a un sens, située au niveau de ce que j'ai désigné du terme du rapport sexuel.
J'ai en somme osé articuler, inciter à ce qu'on s'aperçoive que si cette révélation qui nous est fournie par le savoir du névrosé concernant quelque chose n'est rien d'autre que ceci oui ne s'articule "d'il n'y a pas de rapport sexuel". Qu'est-ce que cela veut dire ? Non pas certes que le langage, puisque déjà je le dis, "il n'y pas de rapport sexuel", c'est quelque chose qui peut se dire, puisque maintenant c'est dit, mais bien sûr il ne suffit pas de le dire, il faut encore le motiver ; et les motifs, nous les prenons dans notre expérience prise du fil suivi de ce qui s'accroche à cette béance fondamentale et ce fil suivi, il se noue, il a son départ central, enroulé autour de ce vide ce que nous donne le discours du névrosé.
La dernière fois, j'ai - je vous l'ai assez fait sentir, assez souligné - tenté d'amorcer d'un écrit comment peut se situer ce qu'il en est du point de départ de ce fil. J'ai l'intention aujourd'hui, non pas bien sûr - la chose est au-delà des limites de tout ce qui peut se dire dans l'espace limité d'un séminaire - non pas de ce que le névrosé indique de son rapport à cette distance, mais de ce que les mythes dont s'est ordonné, si je puis dire, non pas toujours sous la dictée, mais en écho au discours du névrosé, les mythes que Freud a forgés. Pour pouvoir le faire dans un temps aussi court, il faut partir de ce point vraiment central, qui est aussi un point d'énigme du discours psychanalytique, du discours psychanalytique en tant qu'il n'est ici qu'à l'écoute de ce discours dernier, de celui qui ne serait pas du discours du semblant. Il est à l'écoute d'un discours qui ne serait pas, mais qui aussi bien n'est pas, je veux dire que ce qui s'indique n'est que la limite imposée au discours quand il s'agit du rapport sexuel. J'ai essayé, quant à moi au point où j'en suis, d'où j'avance tout ce qui pourrait s'en formuler plus avant, de vous dire que c'est de son échec au niveau d'une logique, d'une logique qui se soutienne car toute logique se soutient, à savoir de l'écriture. Il est clair que l'oeuvre de Freud est une oeuvre écrite, mais aussi bien aussi que ce qu'elle dessine d'écrit, c'est quelque chose qui entoure d'une vérité voilée, obscure, celle qui s'énonce de ceci qu'un rapport sexuel, tel qu'il passe dans un quelconque accomplissement ne se soutient, ne s'assied que de cette composition entre la jouissance et le semblant qui s'appelle la castration. Que nous la voyons resurgie à tout instant dans le discours du névrosé mais sous la forme d'une crainte, d'un évitement, c'est justement en cela que la castration reste énigmatique ; qu'aucune, en somme, de ses réalisations, sous des formes fort diverses, mouvantes, chatoyantes, ou aussi bien l'exploration de la psychopathologie, du phénomène analysable tout au moins de cette psychopathologie, que les excursions dans l'ethnologie le permettent, il n'en reste pas moins que ce quelque chose dont se distingue tout ce qui est évoqué comme castration, nous le voyons sous quelle forme ? sous la forme toujours d'un évitement. Si le névrosé, si je puis dire témoigne de l'intrusion nécessaire de ce que j'ai appelé à l'instant cette composition de la jouissance et du semblant qui se présente comme la castration, c'est justement en ce qu'il s'y montre de quelque façon inapte et, si tout ce qu'il en est des rituels d'initiation qui, comme vous le savez, et si vous ne le savez pas, vous n'avez qu'à lire les ouvrages techniques et pour en prendre deux qui sont produits de l'intérieur du champ analytique lui-même, je vous désigne respectivement :"The problems of bixuality as reflected in circoncision". C'est-à-dire "problèmes de la bissexualité en tant que réfléchis dans la circoncision" de Hermann NUNBERG, paru à l'Imago publishing de Londres, et d'autre part l'ouvrage intitulé : "Blessures symboliques", de Bruno Bettelheim. Vous y verrez, déployée dans toute son ambiguïté, dans son flottement fondamental, l'hésitation en quelque sorte de la pensée analytique entre une ordonnance explicative qui fait d'une crainte de la castration laissée tout à fait en panne et en quelque sorte au p'tit bonheur ou malheur - comme vous voudrez - des accidents dans lesquels se présentent quelque chose qui, pris dans ce registre, ne serait que l'effet d'on ne sait quel malentendu, lui-même source jaillie de préjugés, de maladresses, de quelque chose de rectifiable ou au contraire d'une pensée qui s'aperçoit qu'il y a bien là quelque chose dont la constance, à tout le moins dans un nombre immense des productions que nous pouvons enregistrer sous tous les registres, que les catalogues soient plus ou moins bien faits, que ce soient ceux de l'ethnologie ou de la psychopathologie que j'évoquais tout à l'heure, ou d'autres nous mettent en face de ceci que c'est de - et Freud l'exprime à l'occasion : il sait fort bien le dire dans "Malaise dans la civilisation"- c'est à propos de quelque chose qui après tout, ne rend pas si nouveau ce que j'ai formulé de l' "il n'y a pas de rapport sexuel", qu'il indique bien sûr, en des termes comme il le fait d'habitude, tout à fait clairs, que sans doute là-dessus très précisément à propos du rapport sexuel, quelque fatalité s'inscrit qui y rend nécessaire ce qui alors apparaît comme étant les moyens, les ponts, les passerelles, les édifices, les constructions pour tout dire, qui, à la carence de ce rapport sexuel pour autant qu'après tout, dans une sorte d'inversion de perspective, tout discours possible n'en apparaîtrait que comme le symptôme, qui à l'intérieur de ce rapport sexuel, ménage dans des conditions que comme à l'ordinaire nous reportons dans la préhistoire, dans les domaines extra-historiques, qui dans ces conditions-là permettrait en quelque sorte la réussite de ce qui pourrait s'établir d'artificiel, en suppléant à ce manque inscrit en sorte dans l'être parlant, sans que nous puissions savoir si c'est de ce qu'il soit parlant que c'en est ainsi, ou au contraire de ce que l'origine soit que le rapport n'est pas parlable, qu'il faut que s'élabore pour tous ceux qui habitent le langage, qu'il faut que pour eux s'élabore quelque chose qui remplisse, sous la forme de la castration, la béance laissée dans ce quelque chose de pourtant essentiel, biologiquement essentiel à la reproduction de ces êtres vivants, à ce que leur race demeure féconde ; tel est bien en effet le problème à quoi semble faire face tout ce qu'il en est des rituels d'initiation. Que ces rituels d'initiation comprennent des manipulations, opérations, incisions, circoncisions, qui visent et mettent leur marque très précisément sur l'organe que nous voyons fonctionner comme symbole dans ce qui, par l'expérience analytique, nous est présenté comme allant au-delà du privilège d'un organe, puisque c'est le Phallus, et le phallus en tant que c'est à ce tiers que s'ordonne tout ce qui en somme met en impasse la jouissance qui fait de l'homme et de la femme en tant que nous les définirions d'un simple épinglage biologique ces êtres qui très précisément sont, avec la jouissance sexuelle et d'une façon élective parmi toutes les autres jouissances, en difficulté avec elle, c'est bien de cela qu'il s'agit et c'est de là que nous devons partir si nous voulons que se maintienne un sens correct à ce qui s'inaugure du discours analytique. S'il existe - on nous le suppose - quelque chose de défini, c'est ce que nous appelons la castration qui aurait le privilège de parer à ce quelque chose dont l'indécidable fait le fond du rapport sexuel pour autant que la jouissance y doit être ordonnée. Au regard de ceci qui ne semble pas inévitable - et je parle de ces énoncés - la dramaturgie de contrainte qui fait le quotidien du discours analytique est tout à fait le contraire, tout à fait contraire à ceci : ceci est une remarque et qui fait la valeur du livre second de B.Bettelheim que je vous ai pointé ; qui est évidemment tout à fait contraire avec ceci qui est la seule chose importante. Il ne s'agit pas de repousser dans la préhistoire ce qu'il en est des rituels d'initiation, les rituels d'initiation, comme tout ce que nous pouvons avoir envie de repousser dans la préhistoire. Ils sont là, ils existent, ils sont vivants de par le monde : il y a encore des Australiens qui se font circoncire, subinciser, il y a des zones entières dans la civilisation où la circoncision règne et méconnaître que dans un siècle dit de lumière, ces pratiques, non seulement subsistent, mais sont florides, se portent bien, c'est évidemment de là que nous devons partir pour nous apercevoir que ce n'est aucune dramaturgie concevable de contrainte quelle qu'elle soit, qu'il n'y a pas d'exemple que ce soit seulement la contrainte. Il s'agit encore de savoir ce que veut dire une contrainte, une contrainte, n'est jamais que quelque chose d'un tout autre ordre que la prétendue prévalence d'une prétendue supériorité physique ou autre ; elle se supporte précisément des signifiants et, si c'est à la loi, à la règle des dits signifiants, que de tels sujets veulent bien se soumettre, c'est bien pour des raisons ; et ces raisons, c'est ce qui nous importe et c'est là que nous devons bien plutôt interroger quelle est la complaisance, pour employer un terme qui pour nous mener tout droit à l'hystérique n'en n'est pas moins d'une portée extrêmement générale, la complaisance qui fait que subsiste bel et bien, et en des temps tout à fait historiques ce qu'il en est de ce qu'on nous présente comme quelque chose dont à soit seule l'image serait insupportable pour tel ou tel, et justement cela dont il s'agit, c'est de savoir pourquoi.
C'est là que je reprends mon fil, c'est à suivre ce fil que nous donnons sens à ce qui s'articule du langage dans ce que j'appellerai cette parole inédite, en tout cas inédite jusqu'à une certaine époque qui, elle, est bel et bien historique et à notre portée, cette parole inédite et qui se présente, en somme, comme devant toujours pour une part le rester, il n'y a pas d'autre définition à donner à l'inconscient. Venons-en maintenant à l'hystérique, puisqu'il me plaît de partir de l'hystérique pour essayer de voir où nous conduit ce fil. L'hystérique, mais vous allez me demander - enfin j'espère bien que non en tout cas - qu'est-ce que c'est, justement enfin c'est cela le sens du discours analytique : c'est qu'à une pareille question, "qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça veut dire, l'hystérique en personne ?" il me semble avoir travaillé assez longtemps à partir de l'imaginaire pour indiquer qu'en personne, rappeler simplement ce qui est déjà écrit dans le terme de "personne", ça veut dire en masque. Aucune réponse de départ ne peut être donnée de ce sens. A la question : Qu'est-ce que l'hystérique ? "la réponse du discours analytique, c'est "vous le verrez bien". Vous le verrez bien justement à suivre où elle nous conduit. Sans l'hystérique bien sûr, ne serait nul part venu au jour ce qu'il en est de ce que j'inscris, quand j'essaie de vous donner la première ébauche logique de ce dont il s'agit maintenant, de ce que j'écris F (x) - phi de x - qui est à savoir que la jouissance, cette variable dans la fonction inscrit en x, se situe de ce rapport avec ce F qui là désigne le Phallus, découverte centrale , ou plutôt redécouverte ou, comme vous voudrez, rebaptême, puisque, comme je vous l'indiquais la dernière fois, c'est du Phallus en tant que semblant dévoilé dans les mystères que le terme est repris et non pas par hasard, puisque c'est très précisément dans le fait que c'est au semblant du Phallus qu'est rapporté le point pivot, le centre de tout ce qui peut s'ordonner ou se contenir de la jouissance sexuelle que dès les premières approches des hystériques, dès les "Studien über Hystérie" Freud nous amène. J'ai, la dernière fois, articulé ceci qu'en somme à prendre les choses du point qui peut en effet être interrogé de ce qu'il en est du discours le plus commun, que si nous voulons, non pas pousser à son terme ce que la linguistique nous indique, mais justement l'extrapoler, à savoir nous apercevoir que rien de ce que le langage de faire n'est jamais que métaphore ou bien métonymie, que le quelque chose que toute parole quelle qu'elle soit prétend un instant dénoter, ne fait jamais que renvoyer à une connotation et que s'il y a quelque chose qui puisse au dernier terme s'indiquer comme étant ce qui de toute fonction appareillée du langage se dénote, je vous l'ai dit la dernière fois, il n'y a qu'une Bedeutung, "Die Bedeutung des Phallus", c'est là seul, ce qui est du langage dénoté, dénoté bien sûr sans que puisse jamais rien y répondre, puisque s'il y a bien quelque chose qui caractérise le Phallus, ça n'est, non pas d'être le signifiant qui manque comme certains ont cru pouvoir entendre certaines de mes paroles, mais d'être assurément en tout cas ce dont ne sort aucune parole. Sinn et Bedeutung, c'est de là - je l'ai rappelé la dernière fois - c'est de cette opposition articulée par le logicien vraiment inaugural qu'est Frege ; Sinn et Bedeutung définissent des repères qui vont plus loin que ceux de connotation et de dénotation ; beaucoup de choses dans cet article dont vraiment Frege instaure les deux versants du Sinn et de la Bedeutung, beaucoup de choses sont à retenir, et spécialement pour un analyste.
Car assurément, sans une référence logique et qui bien sûr ne peut se suffire de la logique classique, de la aristotélicienne, sans une référence logique, il est impossible de trouver le point juste dans les matières que j'aborde. La remarque de Frege tourne toute entière autour de ceci que, portés à un certain point du discours scientifique, ce que nous constatons, c'est par exemple des faits comme celui-ci que, est-ce la même chose que de dire Vénus ou de l'appeler de deux façons, comme elle fut longtemps désignée, "l'étoile du soir" et "l'étoile du matin" ? Est-ce la même chose de dire Sir Walter Scott ou de dire "l'auteur de Waverley". - je vous préviens, pour ceux qui l'ignoreraient qu'il est effectivement l'auteur de cet ouvrage qui s'appelle "Waverley". C'est à l'examen de cette distinction que Frege s'aperçoit qu'il n'est pas possible en tout le cas de remplacer Sir Walter Scott par "l'auteur de Waverley". C'est en cela qu'il distingue ceci que l'auteur de Waverley. véhicule un sens, un Sinn et que Sir Walter Scott désigne une Bedeutung. Il est clair que si l'on pose, si l'on pose avec Leibniz que "salva veritate", nous devons sauver la vérité, il faut poser que tout ce qui se désigne comme ayant une Bedeutung équivalente peut indifféremment se remplacer, et si on met la chose à l'épreuve - je vais tout de suite le mettre à l'épreuve selon des voies tracées par Frege lui-même - le roi George III - peu importe que ce soit George III ou George IV, ça n'a en l'occasion que peu d'importance - demandait, s'informait de savoir si Sir Walter Scott était "l'auteur de Waverley". Si nous remplaçons "l'auteur de Waverley" par Sir Walter Scott, nous obtenons la phrase suivante : "le roi George III s'informait pour savoir si Sir Walter Scott, était bien Sir Walter Scott, ce qui bien évidemment n'a absolument pas le même sens. C'est à partir de cette simple remarque, opération logique que Frege instaure, inaugure sa distinction fondamentale du Sinn et de la Bedeutung.
Il est tout à fait clair que
cette Bedeutung toujours plus lointaine. Pour lui, bien sûr,
il s'en arrête à la distinction de ce qu'il appelle le discours
oblique et le discours direct. C'est pour autant que c'est dans une subordonnée,
que c'est le roi George III qui demande, que nous devons ici maintenir
les Sinn dans leur droit et ne remplacer en aucun cas "l'auteur de Waverley"
par "Sir W.Scott". Mais ceci bien sûr est un artifice, c'est un artifice
qui pour nous, nous met sur la voie de ceci, à savoir que "Sir W.Scott"
en l'occasion, c'est un nom, et aussi bien que quand Monsieur Carnap reprend
la question de la Bedeutung, c'est par le terme "nominatum"
qu'il le traduit, en quoi justement il glisse là où il n'aurait
pas fallu glisser. Car ceci justement est ce qui peut nous permettre d'aller
plus loin, mais certainement pas dans la même direction que M.Carnap.
C'est celle de ce que veut dire le nom, j'entends le nom N.O.M - je le
répète, comme la dernière fois. Il nous est très
facile de faire ici le joint avec ce que j'ai indiqué tout à
l'heure. Je vous ai fait remarquer que le Phallus ne répondait pas.
Eh bien, ceci, vous met sur la voie du point que je désire ici accentuer,
c'est que le Nom, le nom "Name" et le nom "Noun" - mais on ne voit bien
que les choses qu'au niveau de nom propre, comme disait l'autre - le nom,
c'est ce qui appelle, mais à
C'est à la lumière de
ces remarques que je voudrais quand même vous situer ce qu'il est
du mythe d'Oedipe. Le mythe de l'Oedipe fait en quelque sorte tracas, parce
que soit disant il instaure la primauté du père, qu'il serait
une espèce de reflet du patriarcat. Je voudrais vous faire sentir
quelque chose, enfin ce par quoi, à moi tout au moins, il me paraît
pas du tout un reflet du patriarcat. Bien loin de là. Il nous fait
seulement apparaître ceci : un point d'abord par où la castration
pourrait être serrée d'un abord logique et de cette façon
que je désignerai d'être numérable. Le père,
non seulement est castré, mais Il est précisément
castré au point de n'être qu'un numéro. Ceci s'indique
tout à fait clairement dans les dynasties. Tout à l'heure,
je vous parlais d'un roi que je ne savais plus très bien comment
l'appeler George III ou George IV. Pensez que ce qui est justement, ce
qui parait le plus typique de la représentation de la paternité,
à savoir la royauté, c'est comme ça que ça
se passe : George I, George Il, George III, George IV. Mais enfin il est
bien évident que ça n'épuise pas la question, qu'il
n'y a pas seulement numéro : il y a nombre. Pour tout dire, j'y
vois le point d'aperception de la série des nombres naturels, comme
on s'exprime, et comme on s'exprime pas si mal, car, vous le voyez, c'est
très proche de la nature. Je voudrais vous faire remarquer, puisqu'on
évoque toujours à l'horizon l'histoire, ce qui bien entendu
est une raison de suspicion extrême, je voudrais vous faire remarquer
simplement ceci : c'est le matriarcat, comme on s'exprime, n'a aucun besoin
d'être repoussé aux limites de l'histoire, le matriarcat consiste
essentiellement en ceci : c'est que pour ce qui est de la mère,
comme Freud le souligne à l'occasion, il n'y a pas de doute. On
peut à l'occasion perdre sa mère dans le métro bien
sûr, mais enfin il n'y a pas de doute sur qui est la mère.
Il n'y a également aucun doute sur ce qui est de la mère
de la mère, et ainsi de suite. La mère, dans sa lignée,
je dirai est innombrable. Elle est innombrable dans tous les sens propres
du terme. Il n'y a pas à numérer parce qu'il n'y a pas de
point de départ. La lignée maternelle a beau être nécessairement
en ordre. On ne peut pas la faire partir de nulle part. Je voudrais vous
faire remarquer, d'autre part, ceci qui paraît être la chose
qu'on touche le plus couramment du monde, parce qu'après tout, c'est
pas rare ça, il est pas du tout rare qu'on puisse avoir pour père
son grand-père - je veux dire pour vrai père - et même
son arrière grand-père. Oui. Quand les gens vivaient, comme
il nous est dit dans la première lignée des patriarches aux
environs de 900 ans - j'ai relu ça récemment, c'est très
piquant, c'est un truquage absolument sensationnel, tout est fait pour
que les deux ancêtres de Noé là les plus directs soient
morts juste au moment ou le Déluge se produit ; on voit ça
: c'est fignolé. Enfin laissons ça de côté.
C'est simplement pour vous mettre dans la perspective de ce qu'il en est
du père.
De ceci, voyez-vous ce qui résulte, c'est que si nous définissons l'hystérique par ceci qui définit - ça ne lui est pas particulier - le névrosé, à savoir l'évitement de la castration, il y a plusieurs façon de l'éviter. L'hystérique a ce procédé simple, c'est qu'elle l'unilatéralise de l'autre côté., du côté du partenaire. Disons qu'à l'hystérique, il faut le partenaire châtré. Qu'il soit châtré, il est clair que c'est au principe de la possibilité de la jouissance de l'hystérique. Mais c'est encore trop. S'il était châtré, il aurait peut-être une petite chance, puisque la castration c'est justement ce que j'ai défini tout à l'heure comme étant ce qui permet le rapport sexuel. Il faut qu'il soit seulement ce qui répond à la place du Phallus. Alors, puisque Freud lui-même nous indique que tout ce qu'il élabore comme mythe - ceci est à propos du Moïse - "Je n'en ferais pas ici la critique" dit-il de ce qu'il a lui-même écrit, à la date où Il le publie en 1938, sur son hypothèse historique, à savoir celle qu'il a rénovée de Sellin, "car tous les résultats acquis", dit la traductrice, constituent les déductions psychologiques qui en dérivent et sans cesse s'y rapportent"... comme vous le voyez, ça ne veut rien dire. En allemand, ça veut dire quelque chose, c'est "denn sie bilden die Voraussetzung", car ils forment la supposition des manifestations psychologiques qui, de ces données découlent et toujours de nouveau y font retour". C'est bien en effet sous la dictée des hystériques que, non pas s'élabore, car jamais l'Oedipe n'a été par Freud véritablement élaboré, il est indiqué en quelque sorte à l'horizon, dans la fumée, si l'on peut dire, de ce qu'il s'élève comme sacrifice de l'hystérique. Mais observons bien ce que veut dire maintenant cette nomination, cette réponse à l'appel du père dans l'Oedipe. Si je vous ai dit tout à l'heure que ça introduit la série des nombres naturels, c'est que là nous avons ce qui, à la plus récente élaboration logique de cette série, à savoir celle de Peano, c'est avéré nécessaire, c'est à savoir pas simplement le fait de la succession. Quand on essaie d'axiomatiser la possibIlité d'une telle série, on rencontre la nécessité du zéro pour poser le successeur. Les axiomes minimaux de Péano - je n'insiste pas sur tout ce qui a pu se produire en commentaires, en marge, en perfectionnements - mais la dernière formule, c'est celle qui pose le zéro comme nécessaire à cette série, faute de quoi elle ne saurait d'aucune façon être axiomatisée et faute de quoi elle serait donc innombrable comme je le disais tout à l'heure. L'équivalence logique de la fonction du Père est très précisément ceci, cette fonction du zéro trop souvent oubliée. Je ne peux le faire qu'en marge et très rapidement. je vous ferai observer que nous entrerons dans le deuxième millénaire en l'an 2000 que je sache. SI simplement vous admettez ça - vous l'admettez ou vous pouvez aussi bien ne pas l'admettre- mais Si simplement vous admettez ça, je vous ferai remarquer que ça rend nécessaire qu'il y ait eu un an zéro après la naissance du Christ. C'est ce que les auteurs du calendrier républicain avaient oublié : la première année, Ils l'ont appelé l'an I de la première république. Ce zéro est absolument essentiel à tout repérage chronologique naturel. Et alors nous comprenons ce que veut dire le meurtre du père. Il est curieux, singulier, que ce meurtre du père n'apparaisse jamais, même dans les drames comme le fait remarquer avec pertinence quelqu'un qui a écrit là-dessus un pas mauvais chapitre, que même dans les drames, Il n'y a jamais... aucun dramaturge enfin n'a osé, comme s'exprime l'auteur, faire représenter, manifester le meurtre délibéré d'un père par un fils. Faites bien attention à ça, même dans le théâtre Grec ça n'existe pas : d'un père en tant que père. Mais par contre, c'est tout de même le terme meurtre du père, qui parait au centre de ce que Freud élabore à partir des données qui constitue du fait de l'hystérique et de son abord le refus de la castration. Est-ce que ce n'est pas en tant que meurtre du père Ici est le substitut de cette castration refusée., que l'Oedipe a pu venir s'imposer, Si je puis dire, à la pensée de Freud dans la filière de ses abords de l'hystérique. Il est clair que dans la perspective hystérique, c'est le Phallus qui est fécond et que ce qu'il engendre c'est lui-même, si l'on peut dire. La fécondité est forgerie phallique et c'est bien par là que tout enfant est reproduction du Phallus en tant qu'il est gros, si je puis m'exprimer ainsi, d'engendrement. Mais alors nous entrevoyons aussi, puisque c'est du "pas plus d'un" que je vous ai inscrit l'impossibilité logifiée dans le choix de cette relation insatisfaite au rapport sexuel, que c'est du "pas plus d'un" que je vous l'ai désigné que c'est par là, que les incroyables complaisances de Freud, pour un monothéisme dont il va chercher le modèle, chose très curieuse bien ailleurs que dans sa tradition. Il lui faut que ce soit Akhénaton. Rien n'est plus ambigu, je dirai, sur le plan sexuel que ce monothéisme solaire. A le voir rayonner de tous ses rayons pourvus de petites mains qui vont chatouiller les nasaux d'innombrables menus humains, enfants de l'un et l'autre sexe dont il est, dans cette imagerie de la sculpture, tout à fait frappant que - c'est le cas de dire - ils se ressemblent comme des frères, mais encore plus comme des soeurs. Si le mot sublime peut avoir son sens ambigu, c'est bien là, puisqu'aussi ce n'est pas pour rien que les dernières images monumentales, celles que j'ai pu voir la dernière fois que j'ai quitté le sol égyptien, d'Akhénaton sont des images, non seulement châtrées, mais carrément féminines.
Il est tout à fait clair que si la castration a un rapport au Phallus, ça n'est pas là que nous pouvons le désigner. Je veux dire que si je fais le petit schéma qui correspondrait au "pas tous" ou "pas toutes", comme désignant un certain type de la relation au phi de x, c'est bien en ce sens, que c'est au phi de x tout de même que se rapportent les élus. Le passage, le passage à la "médiation" - entre guillemets - "masculine" n'est bien celle que de cet "au moins un" que je soulignais et que nous retrouvons dans le Péano par ce n+1 toujours répété, celui qui, en quelque sorte, suppose que le n qui le précède se réduit à zéro par quoi ? Précisément par le meurtre du Père. A ce repérage de, si l'on peut dire, le détour, la façon, pour employer le terme de Frege lui-même - c'est bien le cas de la dire - oblique "ungerate", dont le sens du meurtre du père se rapporte à une autre Bedeutung, c'est là qu'il faudra bien que je me limite aujourd'hui, s'excusant de n'avoir pas pu pousser plus loin les choses. Ce sera donc pour l'année prochaine ; je regrette que les choses se soient cette année trouvées forcément ainsi tronquées, mais vous pouvez voir le Totem et Tabou par contre, à savoir celui qui met du côté du père la jouissance originelle, est quelque chose à quoi ne répond pas moins un évitement strictement équivalent de ce qu'il en est du noeud de la castration, strictement équivalent, ce en quoi se marque bien ceci que l'obsessionnel pour répondre à la formule "il n'y a pas de x qui existe qui puisse s'inscrire dans la variable phi de x" l'obsessionnel, comment l'obsessionnel se dérobe simplement de ceci, de ne pas exister ; c'est le quelque chose, auquel - pourquoi pas - nous renouerons la suite de notre discours, l'obsessionnel en tant qu'il est dans la dette de ne pas exister au regard de ce père non moins mythique qui est celui de Totem et Tabou, comment ? C'est là que s'attache réellement tout ce qu'il en est d'une certaine édification religieuse et de ce en quoi elle n'est, hélas, pas réductible, et même pas de ce que Freud accroche à son second mythe, celui de Totem et Tabou, à savoir ni plus ni moins que sa seconde topique, c'est ce que nous pourrons vous développer ultérieurement. Car notez-le, la seconde topique, sa grande innovation, c'est le Surmoi ; quelle est l'essence du Surmoi ? C'est là-dessus que je pourrais finir. je pourrais finir en vous donnant quelque chose dans le creux de la main, que vous pourrez essayer de manipuler par vous-même. Quelle est l'ordonnance du Surmoi ? Précisément elle s'origine de ce père original plus que mythique, de cet appel comme tel à la jouissance pure, c'est-à-dire aussi à la non-castration. Et qu'est-ce que ce père en effet dit au déclin de l'Oedipe ? Il dit ce que dit le Surmoi. Ce que dit le Surmoi - ce n'est pas pour rien que je l'ai encore jamais vraiment abordé, c'est : "jouis !". Tel est l'ordre impossible à satisfaire, qui comme tel est à l'origine de tout ce qui l'élabore, si paradoxal que cela puisse vous paraître, au terme de la conscience morale. Pour bien en sentir le jeu, je dirais la dérision, il faut que vous lisiez l'Ecclésiaste, jouis tant que tu es dans ce bas monde, jouis, dit l'auteur énigmatique de ce texte étonnant, jouis avec la femme que tu aimes. C'est tout le comble du paradoxe, parce que c'est justement de l'auteur que vient l'obstacle.
